livre de M. Hachisuka / © site www.liveauctioneers.com

Le dodo reste associé à l'île Maurice.
Espèce endémique de cette île, il s'est éteint en moins de cent ans malgré les rares spécimens qui quittèrent les côtes mauriciennes au cours du XVIIe siècle. Les dodos ont notamment été chassés pour ravitailler les bateaux qui faisaient escale lors des voyages sur la route des Indes.
Mais leur apparence étonnante ne manqua pas d'intriguer les marins. Des dodos furent capturés et embarqués vivants pour être exposés comme des phénomènes de foire. 
On sait par la littérature et par quelques peintures que des dodos survécurent aux longues traversées et atteignirent l'Europe, en Angleterre, en France, en Autriche, en Russie, peut-être aux Pays-Bas.

© Institut d'études orientales de Saint-Pétersbourg

Une magnifique miniature d'Ustad Mansur (vers 1625) et le journal d'un voyageur travaillant pour la Compagnie des Indes (Peter Mundi) attestent de la présence d'un dodo détenu par le Shah Jahangir à Surat en Inde.
Cette miniature est conservée à l’Institut des études orientales de Saint-Pétersbourg. Mais certains avancent aussi que des dodos voyagèrent jusqu'en Malaisie et au Japon ! 

Nos recherches ne nous ont pas encore permis de remonter la trace de ces dodos ! Cependant, nous avons pu constater que l’histoire du dodo a recroisé celle du Pays du Soleil Levant depuis !


Dans les années 1930, un naturaliste et ornithologue japonais s’intéresse au dodo. Masauji HACHISUKA a étudié la faune aviaire endémique de plusieurs îles dont celle des Philippines. M. HACHISUKA achète vers 1935 des os de dodos. On peut vraisemblablement supposé que ces os proviennent des dernières fouilles faites à la Mare aux Songes (voir notre article Un fossile de dodo à Elbeuf-sur-Seine).

 

En 1953, paraît son ouvrage « The Dodo and kindred birds of the Macarene Islands » (London : H. F. & G. Witherby) qui rassemble la somme des connaissances sur le dodo de l’époque.

M. HACHISUKA a fait don de ces ossements à l’Institut d’ornithologie de Yamashina.

© Fujiko Pro · Shogakukan · TV Asahi · Shin'Ei · ADK 2012

Dernièrement, le dodo a connu un regain de popularité auprès des enfants de l’archipel en apparaissant dans un long métrage d’animation de Doraemon, un personnage très connu au Japon. Ce chat-robot bleu venu du futur a été créé par Hiroshi FUJIMOTO et Motoo ABIKO. Avec un enfant prénommé Nobita,  il est le héros d’un manga paru de 1969 à 1987 et qui a fait l’objet de séries télévisées et de films sortis dans les salles de cinéma.

En mars 2012, le long métrage « Doraemon et Nobita dans l’île des miracles » (« Doraemon-Nobita To Kiseki no Shima – Animal Adventure ») permet aux deux héros de se rendre sur une île où vivent toutes les espèces disparues de la terre. Le dodo est donc à l’honneur !!!

© Fujiko-Pro, Shogakukan, TV-Asahi, Shin-ei, and ADK 2012

Pour les amateurs de reconstitutions, deux musées japonais en présentent actuellement dont l’Institut Yamashina qui conserve également les seuls ossements de dodo au Japon. Si vous avez l'occasion de voyager au Japon, pourquoi ne pas rendre visite au dodo ? En japonais, dodo s'écrit : ドードー鳥 (prononciation "Dôdô doli").

Ci-dessous, voici la très belle reconstitution proposée par l'Institut Yamashina. Remarquons que les taxidermistes japonais ont suivi les dernières études qui avancent que les dodos étaient plutôt des oiseaux sveltes et dynamiques.

© Institut d'ornithologie Yamashina (dodo)


Durant l’été 2013, le musée de la ville de Hagi a également proposé une exposition sur le dodo.

Pour finir, un grand merci à Kimiko Botti pour ses recherches et qui a contacté pour nous l’Institut d’ornithologie de Yamashina. Retrouvez le blog La Vie en France (en japonais) de la journaliste Kimiko Botti : http://kimikobotti.blog.jp/ ou ses articles en français sur la cuisine française pour The Pronvence Herald.   

Crédits photos : passez la souris sur les photos pour voir les copyright.
Toutes les photos sont la propriété de leur auteur.: Institut d'études orientales de Saint-Pétersbourg, Institu d'ornithologie de Yamashina, Fujiko-Pro, Shogakukan, TV-Asahi, Shin-ei, and ADK 2012