H Coeylas - (c) Muséum national d'histoire naturelle, Dit

 Une huile sur toile exposée de façon permanente au Cabinet d’histoire du Jardin des plantes de Paris s’intitule « La reconstitution du dodo par l'atelier du professeur Oustalet ».

La toile en question, oeuvre du peintre Henry Coeylas datée de 1903, immortalise le Professeur Émile Oustalet (1844-1906), debout derrière une sculpture de dodo, au centre de la salle de tannerie du Muséum d’histoire naturelle de Paris, entouré de ses assistants Jules Terrier et Boudare.
Le professeur Émile Oustalet a effectué toute sa carrière au MHNP, d’abord comme aide-naturaliste à la chaire de zoologie des mammifères et oiseaux du Muséum d'histoire naturelle (1875-1900) puis professeur titulaire de la même chaire (1900-1906).

C’est Jules Terrier qui aurait sculpté cette reconstitution en 1901 .
Sur le tableau, l’un des assistants du Professeur Oustalet (Jules Terrier ?) est en train de peindre la sculpture de dodo qui est vraisemblablement l’une des premières reconstitutions scientifiques de dronte en France (1).
Cette sculpture est d'ailleurs fortement inspirée des peintures du Hollandais Johannes Savery vers 1623 et nous montre un dodo bien en chair, loin des reconstitutions actuelles.

Lors de la réouverture de la Grande Galerie de l’évolution en 1994, cette oeuvre a trouvé une place de choix à l’entrée de la salle des espèces disparues et menacées.
Une petite rotonde est désormais consacrée à l’histoire du dodo et l’on peut y voir une reconstitution récente du naturaliste belge Pierre-Yves Renkin au côté de la sculpture de Jules Terrier.

Cette sculpture se retrouve dans plusieurs musées français ainsi qu’au Muséum d’histoire naturelle de Port-Louis à l’île Maurice. Malgré tout, chaque reproduction est rendue unique par le choix des couleurs utilisées pour la peindre.

Nous avons décidé de retrouver la trace des « clones » du dodo sculpté : 

Un dodo dans les réserves (c) Muséum de Blois (photo des auteurs)

- Au Muséum d’Histoire naturelle de Blois, cette sculpture acquise anciennement est l’un des originaux tirés en 1901. Elle a été présentée dans une vitrine au côté du squelette d’un autre oiseau aux ailes atrophiées. Puis après le déménagement du château à l’actuel bâtiment en 1981, le dodo fut exposé à l’entrée du musée avant que sa vitrine soit fêlée.

C’est dans les réserves du Muséum de Blois que nous sommes donc allés lui rendre visite en 2013 ! Mais le dodo devrait un jour retrouver sa place.

Dodos dans la Grande salle de zoologie (c) Muséum de la Rochelle

- Au Muséum d’Histoire naturelle de la Rochelle, le dodo est visible dans la Grande salle de zoologie. Il est proposé en vis-à-vis avec le squelette partiel de dronte qui fait l’une des fiertés de cette institution (en arrière-plan dans la vitrine sur notre photo).

Pour en savoir plus sur la provenance de ce squelette, merci de vous reporter à l'article de ce même blog relatant notre visite au Muséum d'histoire naturelle de la Rochelle  en avril 2014 : "Les dodos de la Rochelle".


- Au Muséum des sciences naturelles d’Orléans, le dodo du Professeur Oustalet trône au côté du squelette de dodo assez complet que le musée a acheté en 1906 à la Maison Deyrolle. Ils sont présentés dans une vitrine avec une reconstitution du fameux Ibis de la Réunion dont on a longtemps cru qu'il était un "dodo blanc".

Squelette et sculpture de dodos (c) Museum d'Orleans

Attention, ce musée fermera en juillet 2014 pour plusieurs années de travaux. Nous avons eu la chance de le visiter en novembre 2014 et avons été très bien reçus. 

 - Le Muséum d’Histoire naturelle du Havre possède aussi une reproduction de la sculpture. Ce moulage fut réalisé et donné par le Muséum d’histoire naturelle de Paris dans les années 1990 en échange d’un squelette d’animal marin (sans doute à l’occasion de la réouverture de la Grande Galerie de l’évolution). Il fut peint par l’équipe du Havre à l’occasion d’une exposition. Ce dodo n’est plus exposé et la direction nous a malheureusement refusé l’accès aux réserves pour le photographier… 

 Dodo sculpté et squelette de dodo (c) Muséum de la Réunion

- Au Muséum d’Histoire naturelle de Saint-Denis de la Réunion, notre « dodo sculpté » a la particularité de ne pas avoir été peint. C’est blanc qu’il est présenté auprès d’un squelette partiel de dodo, dans la salle Lacroix (faune actuelle et disparue des îles Mascareignes).

Récemment, Harri Kallio, un artiste passionné du dodo acouverture du livre d'Harri Kallio mené des recherches pour sculpter un oiseau plus conforme aux hypothèses récentes (Voir cet article du « Figaro » en 2011). Un très beau livre a été publié en 2004 : « The Dodo and Mauritius Island, Imaginary Encounters ».

Les auteurs de cet article remercient chaleureusement pour leur accueil et leur aide les Conservateurs/trices et Directeurs/trices des différents muséums visités.
Remerciements également à la Bibliothèque centrale du MNHN et à l'Agence Photographique de la Réunion des musées nationaux pour avoir autorisé la reproduction du tableau de H. Coeylas.

Toute reproduction de ces photos est interdite.

 S.B.

NOTE : (1) Une reconstitution diffère d’une naturalisation. Il n’existe aucun dodo naturalisé ; hormis les nombreux ossements exhumés à partir de 1865, le musée d’Oxford conserve seul une patte une tête de dodo momifiées.

 Sources :
- Un dodo en Normandie, ANGST Delphine, BUFFETAUT Eric - S.E.S.N.E Bulletin 2010 n° ISSN 0766-5946
- http://wpa-france-galliformes.fr/mapage169/index.html
- http://ccfr.bnf.fr/
- http://www.albertmarinus.org/expos/pyrenkin.php
- http://doc.ocim.fr/LO/LO012/LO12(1)-.PDF
- http://www.harrikallio.com/bibliography.html