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Deux comédiens sur quatre grippés. La quatrième semaine commence au ralenti. C’est l’occasion de répéter le monologue de Shana et de préparer un premier point sur les changements de costume de Guillaume/Charles. Gérer les changements d’époque et de costume sera l’un des éléments complexes de la représentation.

Akilesh m’a contacté par facebook, il est coiffeur et maquilleur. Formé à Maurice et à la Réunion, il propose son aide. Il me reçoit chez ses parents qui nous préparent un délicieux repas traditionnel. On échange sur la pièce. C’est un moment reposant.

Mardi, on file les scènes… On se pose des questions sur la présence ou non d’un accent mauricien dans la pièce (en fait, il y a pas mal d’accents différents selon la région de l’île où l’on habite… C’est subtil mais un Mauricien ne s’y trompe pas). Prendre un accent sur scène, même quand il est naturel peut le rendre antinaturel. Nous sommes confrontés à cette question. Je décide que l’un des personnages gardera son accent. Cela me semble important pour le public français mais aussi pour le public mauricien. Si la pièce s’y prêtait et que je le parlais, j’aurais mis davantage de créole dans le texte et sans doute même de l’anglais et pourquoi pas du bodhjpuri… Mais là il y aurait un travail sur le langage de toute une vie pour un non-Mauricien…

Petite visite pour déposer quelques exemplaires du texte de « Sous la varangue » dans des librairies.

C’est le second tirage de la pièce et j’ai fait rajouter mes partenaires et mon équipe. J’ai aussi procédé à quelques changements dans le texte… Merci à Monique de Montrémy des éditions Les Cygnes qui a toujours écouté mes demandes d’auteur.

La journée se termine à la résidence de l’Ambassadeur de France, Monsieur Laurent Garnier, pour un moment de culture… Une conférence passionnante d’un sociologue. Un repas traditionnel mauricien. Et beaucoup de rencontres avec des passionnés de culture. À une semaine de la première, presque tout le monde a entendu parler de « Sous la varangue » et compte venir.  Est-ce que ça me met la pression ? … Oui, un peu !!!

Norbert Planel

Mercredi, c’est une journée importante car les derniers éléments du puzzle viennent s’assembler…

Norbert Planel, le créateur d’ambiances, un magicien, revient avec tous ses instruments générateurs de sons du plus étrange au plus mélodieux. Et nous voici en train de filer le spectacle pour intégrer ses propositions. Un pur moment de poésie.

IMG_5547La soirée se poursuit chez Patrick Ataw. Le chorégraphe mauricien m’accompagne pour faire naître des corps et des émotions de Vinaya et Benjamin la chorégraphie finale du spectacle. Je rêve de quelque chose qui soit à la fois simple et sensuel, un moment qui puisse évoquer le séga mais aussi les danses latines… Nous voilà dans la salle de répétition en train d’échauffer nos corps et de faire chalouper nos bassins. Puis la danse surgit vite sur la musique de Richard Beaugendre.

Le dodo commence à s’animer avec l’aide de Rita Neminadane, venue de France en vacances pour assister à la création de « Sous la varangue » et réquisitionnée !

C’est le cœur léger que je m’endors…

Et que je me réveille sous des paquets d’eau… on annonce un épisode de fortes pluies pour une semaine. Catastropha ! On joue en plein air. Il faut chercher des solutions au cas où… On en trouve… Et on prendra la décision le lundi suivant (pour l’heure, je vous écris le dimanche soir et maintenant c’est le soleil qui est annoncé pour les représentations. Suspens…)

Le jeudi est néanmoins une bonne journée de filage ponctué d’une rencontre avec Djamel et Manish d’Omnibox venus reparlés des lumières…

En parlant de lumière, j’aime la lumière déclinante de fin de journée dans le grenier d’Eurêka et ce moment de travail avec Ayo (notre dodo) et Rita au son de « amba lavarang ».

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Vendredi, 10h30, rencontre avec Shiam Persand, réalisateur de la MBC. C’est confirmé, il y aura une captation pour la télévision mauricienne et Marek pourra utiliser des extraits de cette captation pour son documentaire. Ce sera aussi la possibilité de faire découvrir ces représentations uniques en décor naturel à Eurêka aux Français.

Il faut néanmoins préparer le terrain car les lumières de la MBC ne doivent pas desservir la soirée de gala du jeudi 12 novembre.

Je trouve en Shiam Persand un vrai pro et je suis rassuré…

Midi, nous sommes à Port-Louis avec Vinaya et Bertrand. Nous sommes en direct sur Radio One pour le Club du Midi de Miguel Herbelin, l’une des émissions les plus écoutées à Maurice.

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Nous passons en repartant dire bonjour à l’équipe du « Mauricien », notre partenaire presse.

À Eureka, David et Benjamin répètent leur bagarre. Le résultat me séduit quand ils m’en font la démonstration.

On fait des raccords, on accueille une autre équipe de la MBC pour des interviews. Ritvik nous interroge les uns après les autres.

Kensley vient faire des essais costumes… Il faut encore doubler le sari sinon Shana aura une silhouette un peu trop sexy pour une Indienne de 1936 !

Enfin, il est 19h et nous allons jouer pour la première fois la pièce en intégralité dans le jardin… Il n’y a pas encore de lumière… Il ne fait pas très chaud… Mais nous partons tous pour un grand voyage d’une heure quarante-cinq…

Très vite je ne décerne plus les visages de mes quatre merveilleux acteurs mais Elodie, Rita et moi restons scotchés et suivons l’inexorable progression de la pièce au son et à la gestuelle des silhouettes des comédiens…

SOUSLAVARANGUE

Je recule parfois tout au fond du jardin… Cette grande maison est un merveilleux navire, idéal pour nous transporter dans un autre temps, une autre époque, une autre histoire (pour paraphraser la lettre que J.M.G. Le Clézio m’a envoyé pour me souhaiter bonne chance)… J’ai des frissons. La fatigue de ce mois de répétition, communication, administration se dissout doucement dans le doux bonheur de voir naître une pièce…

Nous avons tous mérité un vrai week-end de repos que je consacre un peu aux derniers préparatifs et beaucoup à profiter de l’île et d’Eurêka.

 

 Christophe Botti