Une pépinière de plantes endémiques disparues ou en voie d’extinction sur l’île Maurice

Geranium maderense (Madère), photo des auteurs du blog au Conservatoire botanique

Peut-on s’imaginer un troupeau de girafes sans sa savane ? Un koala hors de sa forêt d’eucalyptus ? Chaque espèce vivante occupe une niche écologique qui lui est propre. Et notre dodo ? Quand on imagine sa terre natale, l’île Maurice, aussitôt des images de  plages paradisiaques ou de champs de canne à sucre s’imposent à l’esprit. C’est oublier que l’île Maurice a été occupée très tardivement par les hommes. À quoi ressemblait l’île avant la première vague d’occupation par les Hollandais à la fin du XVIe siècle ?

Les îles abritent généralement des écosystèmes uniques et fragiles. L’île Maurice, sa faune et sa flore en sont un exemple particulièrement remarquable. Avec ses 2040 kilomètres carré, l’île Maurice est, encore aujourd’hui, l’un des pays au monde abritant la biodiversité la plus étonnante et la plus variée mais aussi parmi les plus menacées.

Que savons-nous de l’environnement du dodo ? Quel arbre ou quelle fleur miraculeusement conservés nous parlent de ce passé ?

C’est au Conservatoire botanique national de Brest que nous sommes allés chercher des réponses. Ce conservatoire travaille en effet actuellement à un programme novateur de réintroduction de plantes mauriciennes rares.

L’île Maurice a eu 7 millions d’années pour se transformer, accueillir la vie et voir des plantes, des oiseaux, des reptiles évoluer de façon spécifique (avant que l’homme n’y débarque).

L’île Maurice fut l’une des dernières terres colonisées par l’être humain. C’est ce qui rend sans doute le destin du dodo et de « son monde » si frappant.

Pour la première fois, l’homme a été le témoin de son action sur le vivant. Le dodo ne fut pas seul à disparaître. Le solitaire, son parent de l’île Rodrigue a aussi disparu. Et sur Maurice, une espèce de tortue géante ou encore la poule rouge connurent le même sort...

Il s’en fallut de peu également que le pigeon rose, la crécerelle ou la grande cato verte disparaissent sous nos yeux. Mais des programmes de protection amorcés dans les années 1960 enrayèrent la spirale.

Et du côté de la flore ? Avec l’introduction de la canne à sucre mais aussi de nombreuses plantes invasives (en particulier le goyavier de Chine), le paysage de Maurice a bien changé en quelques siècles. De la forêt primaire, il ne reste que 3%. 3% désormais protégés et faisant l’objet de nombreux programmes de protection.

Le Conservatoire botanique (photo des auteurs du blog)

Si de nombreux scientifiques et politiques mauriciens travaillent sur le terrain, ayant conscience que la biodiversité de leur île est un trésor, la France participe aussi à cette action !

Alors que nous avons rêvé toute notre enfance de l’île Maurice, nous avons découvert qu’un peu de cette terre était abritée en Bretagne, au Conservatoire botanique national de Brest (CBNB) !

Le Conservatoire botanique national de Brest (CNNB) a été créé en 1975 à Brest dans le « vallon du Stang-Alar » . Dès l’origine, sa mission fut la sauvegarde et la protection des plantes en danger d’extinction. Par la fragilité et la richesse de leur écosystème, les îles ont fait l’objet d’une attention soutenue. Citons Madère, Hawaï, Madagascar, la Réunion, les îles Mascareignes...


Le CBNB possède un très beau parc et des serres qui abritent ses collections, en particulier une trentaine de plantes mauriciennes, rares ou éteintes dans leur environnement originel.


Depuis 2009, le CBNB a initié en concertation avec le gouvernement mauricien un programme de réintroduction de plantes.

La presse aime faire ses gros titres avec les programmes de réintroduction d’animaux en milieu naturel (pandas, grands singes ou, plus proches de nous, loups, lynx et ours). Pourtant, réintroduire des plantes est aussi un défi qui fait appel à de nombreuses technicités.

Afin d’en savoir plus sur cette aventure et pour découvrir enfin le CBNB, nous sommes partis pour Brest en avril 2014. C’est Stéphane Buord, Directeur scientifique des actions internationales qui nous reçoit et nous fait faire, avec passion et précision, le tour du propriétaire ! 

S.B.

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 BIBLIOGRAPHIE
- Livret pédagogique édité par le Conservatoire : « découverte des serres », 2009
- Revue « Le Courrier de la Nature », N°267, mars-avril 2012

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