Stéphane Botti face au dodo reconstitué par le Pr Oustalet en 1901 (réplique) ; en arrière le squelette du dodo - Muséum de la Rochelle

Jeudi 24 avril 2014. Poursuivant notre tour de France des quelques musées possédant un squelette de dronte parmi leurs objets phares, nous nous rendons au Muséum d’histoire naturelle de la Rochelle.

Ce lieu diffuse pour nous une charge émotionnelle particulière. C’est en effet ici que nous avons pu observer pour la première fois un squelette de dodo quand nous avions 18 ans. 

Nous étions passionnés par le dodo depuis l’enfance et nous avions dévoré pas mal de livres sur l’île Maurice. Depuis tous petits, visiter les Muséums d’histoire naturelle était l’un des passages obligés lors de nos villégiatures ! Mais quel choc de tomber sur un dodo à la Rochelle ! Et ce musée avait bien d’autres atouts propres à faire battre nos cœurs d’amoureux d’histoire naturelle mais aussi de cultures lointaines. C’est toujours le cas aujourd’hui et cette nouvelle visite a tenu ses promesses : la collection comprend 10000 objets présentés sur 2300 m2 (depuis la rénovation du bâtiment terminée en 2007) !

La nouvelle scénographie a su mettre en valeur le patrimoine de cette institution tout en l’inscrivant dans la modernité et dans un échange constant avec d’autres disciplines. Les amateurs d’histoire apprécieront la visite du cabinet de curiosité de Clément Lafaille (XVIIIe siècle) ou la présentation de la première girafe arrivée en France (Zarafa, la girafe de Charles X). La faune régionale est mise en avant et le visiteur est ainsi sensibilisé aux notions de biodiversité et de protection de l’environnement.
La petite exposition « L’imagerie des dinosaures » qui est présentée jusqu’en octobre 2015 permet d’appréhender la relativité des connaissances scientifiques et la façon dont les paléontologues affinent continuellement leur compréhension des dinosaures au fur et à mesure des nouvelles découvertes.
Enfin, dans les étages, les salles consacrées à l’ethnographie sont particulièrement riches et offrent une très belle plongée sur l’Autre à travers un parcours qui est aussi sensitif (archives sonores et vidéo).

Cette visite nous a replongés dans nos souvenirs d’adolescents, quand nous rêvions de grandes expéditions en Amazonie ou dans les îles du Pacifique et de l’Océan Indien ! Aujourd’hui, c’est davantage par l’écriture que nous voyageons. Mais grâce à notre nouveau projet de mise en scène, « Sous la varangue, une histoire mauricienne » (lien vers la page de présentation), écrite par Christophe, nous repartons sur la route de l’île Maurice et du dodo !

Carte blanche au Muséum d'histoire naturele de la Rochelle

Nous sommes reçus par la directrice du Muséum, Madame Elise Patole-Edoumba, Docteur en Anthropologie culturelle. Malgré un emploi du temps chargé, son accueil est chaleureux et la discussion passionnante. Madame Patole-Edoumba s’intéresse comme nous au dialogue entre art et science mais aussi au dialogue entre cultures. Sous son impulsion, le Muséum s’est ouvert récemment à l’art contemporain en proposant à des artistes d’exposer leurs œuvres au milieu des collections naturalistes et ethnographiques. La première « Carte blanche » a ainsi été proposée à Tanella Boni, poète, romancière, philosophe et critique d’art ivoirienne.

Nous en apprenons davantage sur le dodo exposé dans la grande salle de zoologie. Celui-ci a été acquis par le Muséum Lafaille (futur Muséum d’histoire naturelle de la Rochelle) auprès de la Maison Deyrolle à Paris en 1932 (source : lettre et facture conservées dans les archives du Muséum). Ce squelette est en partie composé de vrais os de dodo, d’autres ont été reproduits par la Maison Deyrolle. Pour plus de détails, nous vous renvoyons aux indications fournies par le responsable des collections du Muséum au journal « Sud Ouest » en 2010 dans l’article « Non, les os de dodo ne sont pas tous faux ». 

Le dodo de la Rochelle est présenté dans une vitrine en vis-à-vis de la reconstitution historique de l’oiseau exécutée en 1901 au Muséum d’Histoire naturelle de Paris par le professeur Emile Oustalet. Ce n’est pas l’original, exposé à Paris, mais un moulage offert par le Muséum d’Histoire naturelle d’Orléans qui présente également cette reproduction et un squelette de dodo (article à venir sur ce blog).

squelette de dodo composite - Muséum d'histoire naturelle de la Rochelle

Autre rareté non exposée : le Muséum de la Rochelle a acquis une reproduction du moulage de la patte de dodo qui était autrefois dans les collections du British Muséum.

Une visite riche en souvenirs, donc, et l’envie pour nous de partager avec vous ce haut lieu du patrimoine à la jonction entre histoire, science et art.

LIEN VERS LE SITE DU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE DE LA ROCHELLE

Un site assez complet sur le musée : ICI